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BARRY LEVINSON - GOOD MORNING VIETNAM (1987)


Tchao pantin ?

Tant qu’à causer films, autant commencer par un de mauvais, ça ne pourra aller qu’en s’améliorant. Même s’il n’est pas franchement atroce, « Good morning Vietnam », est loin d’être un chef-d’œuvre du 7ème art.
Le sujet était soi-disant sulfureux, basé sur l’histoire réelle (mais très fortement retouchée dans le scénario) d’Adrian Cronauer, DJ de la station de radio de l’armée américaine au Vietnam au milieu des années 60. Précédé avant sa sortie en salles d’une réputation surfaite de 1ère comédie iconoclaste sur le conflit vietnamien, ce n’est qu’une gentille pelloche avec en filigrane une romance à l’eau de rose entre l’animateur radio et une jeune beauté locale.
On est loin de la destruction par le rire de la guerre de Corée signée Altman avec « M.A.S.H. », et comme « Good morning Vietnam » n’est pas un film « de guerre » sur le Vietnam, on évitera les comparaisons forcément très désavantageuses avec quelques classiques signés Cimino, Coppola ou Kubrick …
Faut dire qu’à la réalisation on a un centriste de la caméra, Barry Levinson, yesman des studios hollywoodiens, qui ne réussira même pas à faire un chef-d’œuvre avec Cruise et Hoffman au casting (« Rain man »). Le rôle principal dans « Good morning Vietnam » est tenu par le peu connu à l’époque Robin Williams, venu du comique télévisuel, et qui ensuite sera tête d'affiche dans de mauvais films et au second plan dans de bons films …
L’intrigue est aussi mince que le string d’une bimbo dans une production Marc Dorcel. Adrian Cronauer, DJ et animateur réputé des bases militaires US, est affecté à Saïgon en 1965 pour remonter le moral des troupes américaines dans un conflit qui commence à s’enliser. Il va s’amouracher platoniquement de la sœur d’un « terroriste » vietcong, sur fond de démêlés avec sa hiérarchie militaire, à cause de son sens de l’humour diversement perçu…
Le film est entièrement centré sur la performance de Williams, ses fameux « Good Mooooorning Vietnam » et quelques monologues comiques débités sur le mode supersonique. Ce qui pose d’entrée une des grosses limites du film, les vannes peut-être bien vues en anglais, ne sont pas forcément traduisibles en français, flagrant quand on visionne le film en V.O. sous-titrée … quand à le voir sans sous-titres, why not, mais ça va beaucoup trop vite pour moi. D’ailleurs, c’est dit dans les bonus du DVD, le film a été tourné en Thaïlande avec une équipe cosmopolite, et à la fin des prises, quelquefois totalement improvisées de Williams, seuls les Américains avaient le fou rire, et toutes les autres nationalités se demandaient ce qui se passait … Vanner la laideur de la femme et des filles de Lyndon Johnson, c’est peut-être très marrant, mais encore faut-il savoir qui il est (à la limite, çà, on devrait savoir, c’est celui qui a succédé à Kennedy) et à quoi ressemble sa famille …



Tous les personnages sont stéréotypés outrancièrement comme ceux d’une sitcom (les supérieurs militaires, Denzel Washington en  niais balourd dans un de ses premiers rôles, le patron de bar homo, …). Plus grave et plus politiquement tendancieux est l’image donnée des Vietnamiens, doux crétins toujours prêts à rire des vannes de Williams-Cronauer, et qui alors que leur pays est occupé par une armée étrangère, se bousculent pour prendre des cours d’argot du Queens, ou jouer au base-ball avec des melons locaux… Il y a fort à parier que les vraies préoccupations des autochtones étaient ailleurs…Et ceux qui ne rigolent pas sont, forcément, des terroristes, voir le dialogue vers la fin entre Williams et le jeune militant vietcong, à peu près la seule séquence plausible du film, qui montre bien l’incompréhension totale entre les deux mondes qui s’affrontent…
Levinson nous sert une mise en scène d’une platitude terminale (multipliant les plans fixes sur Robin Williams), gâchant le budget de la production par d’inutiles séquences de bombardements d’un village et la vision d’une base américaine dans la jungle n’ayant aucun rapport avec l’intrigue du film, le tout sous la musique de « Wonderful world » de Louis Armstrong …
Tiens, la musique, justement, puisque Cronauer était DJ … là, c’est du bon, soul et rock du début des années 60. C’est d’ailleurs à peu près tout ce qu’il y a de bon dans ce film …