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MADONNA - LIKE A VIRGIN (1984)

Touched for the very first time ...
C’était un temps que les moins de trente ans (putain trente ans déjà …) risquent pas de connaître. C’était il y a donc une éternité, en pleine misère de partout. On parlait de guerre nucléaire possible en Europe entre les Russkofs et les Ricains (Reagan et Thatcher d’un côté, Andropov et Tchernenko de l’autre, qu’à côté de ces demeurés les fadas barbus lobotomisés de Daech aujourd’hui, c’est des bisounours, bon passons …). Ici, on avait déjà de la gauche au pouvoir qui faisait pour pas vraiment changer une politique de droite, d’ailleurs y’avait déjà la chiffe molle Fabius Premier Ministre ou un truc du genre, c’est dire si on était mal barrés.

Musicalement, c’était le putain de désert, et on trouvait même une daube de Yes (putain Yes, quand même, faut pas déconner …) numéro un mondial, rien que ça. « Owner of a lonely heart » était le titre de cette purge. Faut dire que ça déconnait plutôt grave. Le crash du Clash avait suffi à éradiquer la guitare électrique de la surface de la Terre, on voyait plus que des garçons coiffeurs (généralement par paire, Wham, Tears for Fears, OMD, … liste complète contre un sac à vomi neuf), mèche dans les yeux, s’escrimer laborieusement sur des synthés Roland de leur unique doigt valide. Non, je déconne, y’avait pas que ces types, y’avait aussi Sting et Phil Collins … euh, c’est pas de bons exemples. Bon, je reprends. Y’avait des trucs bien, et on s’aperçoit maintenant qu’il y avait toute une scène indé dans tous les pays dits libres qui faisait du bon rock syndical réglo, mais personne, même pas les médias spécialisés en disait un mot.
On commençait à compter les morts du Sida, et MTV commençait à déglutir ses clips à la chaîne.
Et Madonna, donc, t’en causes, connard ? Justement, Madonna, elle est arrivée au bon endroit (New York, ses clubs branchés et décadents post disco) au bon moment (l’apex de la décennie fric, pendant laquelle les disques se vendaient par dizaines de millions, qu’ils soient de Michael Jackson, Prince ou Springsteen). Née Louise Madonna Ciccone et débarquée depuis cinq-six ans de son Michigan natal, avec la farouche volonté de réussir dans la grande tradition du rêve américain. N’hésitant pas à faire tout et n’importe quoi pour subsister (d’un film porno soft à l’audition pour devenir danseuse de Patrick « Born to be alive » Hernandez entre autres). Elle se fait un look de hipster bohème et délurée à base de trucs moulants, nombril à l’air, dessous apparents, sorte de Marylin Monroe des caniveaux et bas-fonds newyorkais. Elle fricote dans les endroits branchés avec les Dj’s et remixeurs résidents (« Like a virgin » est entre autres dédié à son mec de l’époque, le pousseur de disques Jellybean Benitez). Jusqu’au jour ou bingo, elle tape dans l’œil et/ou l’oreille de Seymour Stein, patron du label Sire Records, filiale de la multinationale Warner Bros. Un premier disque « Madonna », très orienté disco-dance fait peu de vagues hors certains clubs de New York.

Et puis Stein avec Madonna tente le coup de poker rarement perdant en ces temps-là. Livrer sa chanteuse au duo Nile Rodgers – Bernard Edwards. Leaders de Chic, certes, mais surtout producteurs de disques au succès énormes (ceux de Sister Sledge ou le « Let’s dance » de Bowie), ou pas (Sheila, oui oui, notre chanteuse à couettes nationales). Rodgers (celui qui s’occupe de la partie studio) et Edwards (le côté financier et business) sont des musiciens certes, mais aussi des hommes d’affaires sans scrupules. Ils encaissent le chèque mais ne croient guère au succès de cette fille plutôt inconnue, qui chante juste malgré une voix aigue limitée. Mais contrat oblige, les types de la Chic Organization font le taf, emmènent dans leurs bagages leurs complices habituels (leur batteur Tony Thompson, les frangins choristes Frank et George Simms, …). La moitié des titres du disque sont signés Madonna, le reste est amené par de plus ou moins augustes inconnus.
La patte Chic est bel et bien là. L’éléphantesque rythmique tchac-poum disco (Edwards-Thompson), le groove dance, la voix qui monte dans les aigus, toute la quincaillerie synthétique la plus moderne sont de la revue. Des ballades emphatiques tire-larmes un peu surchargées en pathos dramatique sont aussi de sortie (« Love don’t live … »). Rien d’extraordinaire en soi qui puisse laisser prévoir le raz-de-marée Madonna qui va submerger le monde. Le timing certes dont j’ai causé il me semble quelque part plus haut, et puis la rage de réussir et le sens des affaires de Madonna elle-même.

Qui n’hésitera pas à en faire des brouettes sur son côté sexy-libérée (« Like a virgin » tu parles …), se mettant en scène en Monroe hyper-glamour dans « Material girl » (à quel degré prendre ce titre, hein, je vous le demande …), se posant en symbole féminin absolu des années 80 (son rôle dans le film « Into the groove » dont la chanson-titre finira très vite dès l’année suivante rajoutée aux neuf titres initiaux lors des rééditions de « Like a virgin »). Madonna est beaucoup plus une actrice mettant en scène son propre destin qu’une chanteuse ou compositrice. Elle deviendra vite l’idole voire l’icône de toutes les gamines de la planète, sortira de bons disques de variété dans les années 80 (le meilleur sera celui d’après, « True blue »), génèrera pendant des décennies des bataillons de rivales-clones (de Cyndi Lauper à Miley Cyrus, série en cours), saura toujours faire parler d’elle, même (et surtout) quand il n’y aurait rien à dire. Résultat des courses, après trente ans de carrière (c’est vraiment le mot), c’est l’artiste (ben oui, quand même un peu) féminine qui a le plus vendu de disques au monde.
Même si j’ai toujours plus aimé le personnage que sa musique, et qu’on le veuille ou pas, il y a des choses, des souvenirs (les premières écoutes de « Like a virgin » le morceau, le premier visionnage du clip de « Material girl » et non, pas sur YouTube), qui ont marqué, même si ça fait mal au derrière de le reconnaître, toute une génération.

T’étais fan ou tu détestais, mais tu te positionnais par rapport à elle ou Michael Jackson (même combat et même bataille d’Hernani concernant les deux). Fallait avoir un avis et tout le monde avait un avis sur Madonna. Ce qui montrait que c’était elle qui avait gagné …


NEW ORDER - BROTHERHOOD (1986)

Danse et décadence ...
A quoi sert un Cd de New Order ? A rien si on suit le groupe au pied de la lettre. New Order c’est les champions du vinyle maxi 45T. Enfin les champions anglais, le reste du monde, pas con, s’étant prudemment tenu à l’écart des rengaines molles des Mancuniens.
Grosse fatigue ...
New Order, c’est les Doors sans Jim Morrison, plus exactement Joy Division sans le pendu Ian Curtis. Ça boxe pas dans la même catégorie. Bon, ils ont changé le nom, y’a pas matière à procès, même pas d’intention. Et comme je crois pas du tout aux bonnes étoiles et pas trop au hasard, s’ils ont fait partie des plus gros vendeurs de disques des 80’s, ça prouve que des gens les ont achetés (suivez la puissance du raisonnement), et que le groupe a su être au bon endroit au bon moment.
L’endroit et le moment, c’était le milieu des années 80 dans leur club l’Hacienda à Manchester. Une boîte ouverte en investissant l’argent de leurs disques, où se sont succédé aux platines le gotha des DJ’s mondiaux, et dont les clients assidus ont fondé les groupes et sorti les disques les plus intéressants de la fin de la décennie, la fameuse vague Madchester. L’Hacienda était également un repaire de toxicos et de dealers, et de fermetures administratives en amendes, a fini par faire faillite, tout comme le courant électro-dance-machin dont elle était à l’origine.
Grosse fatigue (bis) ...
C’est dans l’Hacienda que les New Order ont trouvé la matière essentielle de leur son, habile recyclage de tous les bruits étranges et novateurs qui sortaient de la sono du lieu. Les maxis de New Order ont engendré bien des vocations, avec des suiveurs qui se sont bien souvent révélés supérieurs à leur modèle.

Tout ça pour en revenir à ce « Brotherhood » qui casse pas des briques. Certes, il y a le petit hit « Bizarre Love Triangle » (joke à multiples niveaux), mais en version courte, radiophonique et « familiale », celle du maxi (sur la compile « Substance ») est meilleure. Pour le reste, « Botherhood » est un disque de synth-pop tout ce qu’il y a de conventionnel, typique des New Order et de leur « âge d’or ». A savoir ces rythmes dansants de constipés, fais pour bouger les bras et pas le bassin, ce qui change tout. Des titres comme « Weirdo » (plus enlevé et mélodique que la moyenne), « Broken promise » et ses gimmicks accrocheurs, l’amusant « All day long » avec sa guitare surf au ralenti, surnagent pour moi du lot. Le reste (une grosse moitié du Cd) se situe dans la moyenne générale des productions du genre à cette époque-là, pas de quoi se relever la nuit. Enfin, une question que je me pose, comment les New Order ont-ils fait pour éviter le procès, tant le dernier titre « Every little counts » est entièrement pompé (ligne de basse, mélodie fredonnée) sur le « Walk on the wild side »  de Lou Reed ?

Des mêmes sur ce blog :
Substance


DAFT PUNK - RANDOM ACCESS MEMORIES (2013)

Frenchy but so Chic ...
J’ai l’air de quoi moi, de me pointer avec ma chroniquette sur ce skeud moins d’une semaine après sa sortie, alors qu’il y a des gens qui depuis fort longtemps ont exprimé un avis définitif sur ce « Random … ». Au mieux en ayant écouté quelques extraits en streaming de chez Deezer (bouchers-charcutiers sonores du Net) sur leur smartphone dans le brouhaha d’un quai de métro. Même les ceusses qui de peur de se transformer en statue de sel n’en ont pas ouï la moindre note ont aussi leur opinion. Faut dire que la sortie ne s’est pas vraiment faite dans la discrétion, une campagne de pub, de presse, à faire passer le battage autour de la parution du dernier Bowie (toujours aussi mauvais, j’ai pas changé d’avis) pour un entrefilet dans un fanzine … « Random … » est un disque-événement, à ma connaissance le premier disque français (ouais, bon, presque, y’a pas que des frenchies dessus) à être numéro un mondial des ventes la semaine de sa sortie, comme n’importe quel Michael Jackson.
« Random access memories » je l’ai écouté plusieurs fois. Sur une chaîne hi-fi ou du moins vendue comme telle. Et je suis en mesure d’affirmer que c’est un disque qui va marquer l’époque, qui va compter. Peut-être parce qu’il va continuer à s’en vendre des camions, ça j’en sais rien et je m’en fous. Mais ce que je sais, c’est qu’en matière de son, il risque d’y avoir un avant et un après « Random … ». Comme il y a eu il y a quarante ans un avant et un après « Dark side of the Moon » de Pink Floyd. A côté de « Random … » toutes les productions high tech du moment font figure de lo-fi enregistré dans une cave-trou à rats … C’est d’une limpidité irréelle, d’une précision hallucinante.
Daft Punk, Pharell Williams & Nile Rodgers ... Alors, get lucky ?
Ça suffit pas, du bon son. Faut encore que toute cette matière de base formidable débouche sur des titres, des morceaux qui tiennent la route. Là, je subodore un gros malentendu. A force de campagne de pub martelée, on a essayé de faire croire que ce disque allait être une sorte de révolution, d’apogée, de référence insurpassable. Comme si tout n’avait pas été fait et refait des milliards de fois. D’autant plus que Homem-Christo et Bangalter ont essayé de calmer cette folie furieuse promotionnelle en disant que ce « Random … » était un disque-hommage. Ce qui est vrai, et Daft Punk sur le coup, loin d’être l’innovateur sensationnel qu’on essaye de nous refourguer, est plutôt un tribute-band. C’est même pas un disque du duo comme avait pu l’être en son temps « Homework », c’est un projet avec une liste d’invités et de participants longue comme le bras, dont les deux frenchies sont les instigateurs et les chefs d’orchestre.
Hommages multiples et annoncés à Chic, Giorgio Moroder et Paul Williams (le moins connu des trois, auteur notamment de la BO de « Phantom of paradise » de De Palma). Et donc, forcément, il y a beaucoup de choses qui ressemblent à ce que faisaient ces trois-là, d’autant plus qu’à des degrés divers, ils ont collaboré à ce disque, le plus présent étant Nile Rodgers de Chic, à la guitare sur plusieurs titres. Tiens, et en passant comme ça, pour donner un peu plus de grain de moudre à ceux qui ne voient que plagiat, la pochette est exactement identique, y compris le lettrage, à celle de « Legendary hearts », mauvais disque de Lou Reed des années 80.
Il y a aussi dans ce disque une trademark Daft Punk. La plus évidente, et pas la plus heureuse selon moi, est cette manie de passer toutes les voix dans un vocoder, et de façon encore plus marquée quand ce n’est pas un invité plus ou moins prestigieux au micro. Parce que niveau featuring, il y a du monde, Casablancas des Strokes, Pharell Williams des Neptunes, le Panda Bear des Animal Collective, … On espère que ces trois-là auront pris quelques leçons, parce que franchement, y’a pas photo, entre leurs disques à eux à synthés et ce qu’on entend ici …
Daft Punk. Brillants ?
La seule chose réellement connue avant la sortie de ce « RAM » (tiens, c’est aussi le titre d’un disque surestimé de McCartney des 70’s, « RAM », mais si c’est fait exprès cette similitude, là ça m’échappe totalement), c’était le single « Get lucky » avec le Pharell. Pas mal, même si relativement convenu et centriste, plus long et un peu différent sur l’album. Et le reste, qu’est-ce qu’il faut-il en penser, ma bonne dame ? Ben, avec les ingrédients de la recette, il y a des choses prévisibles, des titres qui sonnent comme du Chic 78-80, ou du Sister Sledge de cette époque, ce qui revient un peu au même (« Give life back to the music », « Lose yourself to dance »), c’est bien fait, même si on ne remplace pas facilement une rythmique comme Bernard Edwards et Tony Thompson par des requins de studio.
Le long titre (plus de 9 minutes) avec Moroder, met évidemment à l’honneur le « tchac-poum » enrobé de synthés du Giorgio qui est sa marque de fabrique et a fait le succès de ses « choses » comme Donna Summer, et le discours de Moroder (« prendre le meilleur du son des années 50-60-70 pour créer le son du futur ») en toile de fond du morceau résume bien la philosophie de ce « Random … ». Le titre avec Paul Williams (« Touch »), avec grand orchestre et grand(iloquent)s synthés, multiples changements de rythme, pourrait être qualifié d’electro-prog, et perso, ça me laisse assez froid, alors que certains y voient la pièce maîtresse du disque. Logiquement, dans les titres très typés fin des 70’s, on retrouve aussi des allusions plus ou moins fines à Kraftwerk (le traitement des voix, le son des machines), voire à Stevie Wonder (des passages de « Fragments of time », titre qui en plus cite en intro un gimmick entendu chez Prefab Sprout). « Instant crush » chanté par Casblancas doit être la meilleur titre auquel il a participé depuis des années, y compris son détestable album solo à synthés (« Phrazes for the young »).
Tout n’est pas à se pâmer de bonheur sur ce « Random … ». Qui n’évite pas le piège de la longueur (une heure et quart, des choses auraient gagné à être élaguées) et donc de la redondance et de la répétition. La fin du disque est plus « expérimentale », plus strictement « techno », mais ne convaincra certainement pas les puristes de la chose (« les Daft Punk ? juste des vendus »), et se termine par « Contact » qui me fait penser à du Jean-Michel Jarre (toujours cette obsession fin 70’s) en version big beat …
Certainement un disque quelque peu « facile », « grand public ». Mais Daft Punk, si on peut dire, avançaient à visage découvert, c’était le but recherché et donc l’objectif est atteint. Et pour une fois, ceux qui n’achètent qu’un disque par an, vont se retrouver avec sur leurs étagères une galette pas honteuse, et qui je pense pourra encore se réécouter dans les années qui viennent, tellement au point de vue sonore le « groupe » a pris une sérieuse avance sur toute la concurrence …

ELECTRONIC - ELECTRONIC (1991)


Super groupe et super daube ...

Alors là, attention, c’était la grosse affaire (de la semaine) ce truc … Pensez, les célébrissimes ( ? ) Bernard Sumner et Johnny Marr montant un groupe, limité à leurs deux seules augustes personnes.
Par ici, on en avait rien à secouer, personne achetait les disques des Smiths ou de New Order. Par contre au pays de Churchill, ces deux groupes avaient écrasé par leurs ventes les années 80. Mais déjà, le nom même du groupe interpelle. Deux guitaristes, pas spécialement réputés pour leur sens de l’humour et du second degré qui baptisent leur groupe Electronic ? Personne ne s’attendait à une version moderne de Cream ou de l’Allman Brothers Band avec solos de guitare de quinze heures, mais ce truc là, hum … De la guitare, il faut tendre l’oreille pour en distinguer, mis à part sur le dernier titre. Il me semble avoir lu  qu’ils en jouaient, mais que ça avait été émulé, samplé, échantillonné, … et que c’était recraché par des synthés avec le son qui va avec.
Résultat des courses : à peu de choses près, ça sonne exactement comme du New Order de la même époque (si j’étais méchant, je dirais que ça prouve que New Order ne sert strictement à rien, puisque Sumner peut faire New Order tout seul, mais comme je suis pas méchant, je dis rien) et pas seulement à cause de la voix de Sumner. Tout ça pour ça ? surtout que New Order au tournant des années 90, ils étaient pas au mieux, si tant est qu’ils l’aient été un jour. « Electronic » est un disque de techno-pop qui à sa sortie sonnait déjà vieillot, c’est dire plus de vingt ans après … en tout cas, il n’a rien apporté de positif à la réputation des deux pacsés de circonstance, en cale sèche niveau inspiration.
Avant de ranger ce disque à sa place (suivez mon regard), on peut se laisser aller à écouter « Tighten up », un peu plus enlevé et poppisant que le reste, constater que les Pet Shop Boys étaient dans ce genre d’un niveau infiniment supérieur, puisque le titre (« The patience of a Saint ») sur lequel ils sont invités (compo, chant et synthés) est le meilleur du disque, et trouver amusant « Feel every beat », sorte de rap old school à guitares …
Ventes conséquentes en Angleterre, une paire d’autres disques suivront dans la décennie et n’amuseront plus grand-monde. Il semblerait que l’aventure Electronic soit terminée. Sans regrets …

THE REBIRTH OF COOL - VOLUME 3 (1995)



Recyclage of cool, volume 1756896584 …
Bon, là je suis chaud, Earhtling, Basement Machin… et comme le seul blog de ce pays consacré aux musiques électroniques (oxymore) a mis la clef sous le paillasson, manière d’aider à la représentation des minorités visibles (et surtout bruyantes), une ch’tite compile electro-machin-bidule …

A cette époque-là (le milieu des années 90), il en pleuvait littéralement des compiles plus ou moins techno, toutes les maisons de disques, y compris certaines crées pour l’occasion y allant de leur florilège de machins électroniques, généralement très mauvais. Le label Fourth & Bway (??) responsable de celle-ci se signale à l’attention des auditeurs potentiels en évitant les grosses daubes, affichant au générique valeurs sûres et buzz plus ou moins underground.
Leena Conquest
La chose est cependant rendue plus ardue par les versions anglaises et américaines de ces compilations, parfois aux pochettes identiques et aux contenus différents (ou le contraire), les versions anglaises contenant généralement plus de titres… bref, un vrai bordel pour s’y retrouver … Les plus perspicaces auront remarqué que les genres abordés (« The birth of cool » est le titre d’un disque de Miles Davis) s’inspirent, samplent, échantillonnent, de la musique venant du jazz, du blues, de la soul, en gros des musiques noires du paléolithique supérieur (début de la seconde moitié du XXème siècle). Les érudits diront que ça ressemble étrangement aussi aux compiles de la série « Jazzmatazz » fomentées par Guru, le rappeur de Gang Starr…
Donc sur celle-ci, y’a du lourd, du connu, du célèbre et célébré. Des titres parfois sous forme de versions alternatives, extended, single-edit, remixed, … tous ces colifichets sonores sans aucun intérêt mais qui ravissent les amateurs de la chose électronique, nique, nique (ton portefeuille) …
Pourtant d’entrée y’a de quoi retourner fissa aux Cramps. Une dénommée Jhelisa mélange house, jazz, soul et rap, l’objet du délit s’appelle « Friendly pressure » et y’a vraiment pas de quoi se relever la nuit pour l’écouter. Dans le même genre, Leena Conquest fait beaucoup mieux, allez savoir pourquoi, « Boundaries » ça s’appelle, et ça avait bien marché en son temps.
On peut zapper aussi, les ci-devant autrichiens très chiants Kruder & Dorfmeister, qui, ach, kolossale daube, testent plein de plug-in sur un machin tribal drum’n’bass totalement dépourvu d’intérêt. Ça s’appelle « Deep shit » et ça porte bien son nom … Y’a aussi un vieux funk très seventies de Freak Power, sympathique sans plus, mais un peu hors-sujet. Hors-sujet aussi, un titre de Tricky, très bon lui, mais totalement trip-hop et qui n’a rien de cool (d’ailleurs Tricky n’a jamais rien fait de vraiment cool, c’est un vrai méchant, lui …).
Portishead en pleine crise de fou rire
Bomb The Bass, avec un titre remixé et le featuring d’un rappeur jazzy est juste passable … Coldcut  fait avec ses boucles groovy intéressantes beaucoup mieux que ce que le teuton titre « Eine kleine hed music » laisse présager…
Reste quand même en plus de Leena Conquest, un bon titre peu connu de Portishead plus « léger » et moins oppressant que ceux qu’ils livraient à cette époque-là (« Revenge of the number »), un Beastie Boys de leur meilleure période (« Get it together » extrait de l’album « Ill communication »), et cocorico, MC Solaar, habitué de ce genre de compiles (il est aussi sur les Jazzmatazz), avec une version courte (single ?) de son « Nouveau western » qui sample davantage le « Bonnie & Clyde » de Gainsbourg que du jazz, mais qui bénéficie comme presque toujours à ses débuts des textes travaillés de Solaar …
En conclusion, une compile dans la norme de toutes celles qui regroupent autour d’un genre musical identique des artistes différents : les « stars » ressortent forcément du lot et les « inconnus » démontrent pourquoi ils le sont …


BASEMENT JAXX - REMEDY (1999)


Vendre des disques de techno ?

Les technoïdes ont toujours eu un problème avec les courbes de vente, se sont toujours posé des questions métaphysiques du genre : peut-on objectivement prétendre à l’avant-garde musicale et voir ses disques à côté de ceux de Sting ou Madonna dans le Leclerc du coin ? Et durant l’essentiel des années 90, le microcosme electro se gargarisa d’artistes prétendument incontournables … et inconnus d’à peu près tout le monde.
La réponse vint à la fin de la décennie d’un peu partout, et aussi, fait rarissime dans les annales, de France, avec les cartons commerciaux et internationaux de Air ou Daft Punk qui n’avaient pas grand-chose à envier aux succès de Moby ou Fatboy Slim. Et même si quelques puristes de la musique des joueurs de disquettes firent la moue, les faits étaient têtus, on pouvait faire de la « techno » au sens large, rester « crédible » et vendre du disque.
Basement Jaxx : et on fait tourner les serv ... les disques
La boîte de Pandore était dès lors ouverte (d’où allaient finir par sortir des Guetta, Solveig et consorts, mais c’est un autre problème), et il n’y eut plus de honte à faire de la musique electro « grand public ». Parmi les premiers à sortir du placard, Simon Ratcliffe et Felix Burton, le duo anglais Basement Jaxx. Dont ce « Remedy » est le premier Cd, après quelques obligatoires remix et maxis.
C’est pas élitiste, c’est sûr, pas très original non plus (les deux premiers titre dont le hit « Rendez-Vu » doivent beaucoup au son « vintage » compressé de Daft Punk), c’est juste fait pour attirer le plus de monde possible vers la piste de danse et accessoirement le tiroir-caisse. D’un autre côté, c’est pas sournois, c’est clairement revendiqué être fait pour. Alors ça a un petit côté festif, ensoleillé, chaloupé tout en restant martial et répétitif, funky à la Janet Jackson, Rihanna ou Beyoncé (c’est pas un compliment) comme le second gros succès du disque « Red alert », qui a fini dans la BO des Visiteurs 2, 3 ou 10, j’sais plus.
Il y a dans ce « Remedy » des choses anecdotiques, une tendance un peu trop visible à mettre en avant des gimmicks de violons manouches (« Stop 4 love »), des emprunts aux salseros sud-américains qui préfigurent les funestes Gotan Project et leur pillage en règle du tango (« Bingo Bango »), …  Il y a un acharnement à faire intervenir moultes chanteuses vaguement soul, une tentative ridicule de rap (« Don’t give up », rien à voir avec le duo de Peter Gabriel et Kate Bush) au cas où un minot à casquette à l’envers traînerait dans le coin ...
Bref, ça ratisse large, souvent un peu dans le vide, mais c’est pas désagréable, c’est juste … centriste (tiens, y’a longtemps que je l’avais pas placé celui-là), tout ça n’arrive pas à la cheville de « Dancing Queen » d’ABBA.
Ah si, j’oubliais, y’a un titre que je trouve vraiment bien, avec des slogans hurlés-rappés, des hurlements de femelles en rut, ça s’appelle « Same old show » et ce serait très bien dans la BO d’un Marc Dorcel … Comment ça j’ai l’esprit vulgaire ? Pas du tout, un film avec Clavier et Reno, c’est beaucoup plus vulgaire qu’un porno …
Bon, ben voilà … cette chronique ne pouvait finir qu’en sucette avec cette pochette de disque partouzarde …


DONNA SUMMER - THE BEST OF DONNA SUMMER (2001)


Voilà l'été, it's Summer time ...

Finalement, de toutes ces divas disco américaines de la fin des 70’s, il n’en reste pas beaucoup dont le souvenir a résisté à l’outrage des ans. Il n’y a même que le nom de Donna Summer qui éveille encore quelques souvenirs chez les amateurs de boules à facettes. Parce que déjà à l’époque, tout le monde n’avait d’yeux (surtout) et d’oreilles (un peu) que pour elle.
Elle avait de bien beaux ... chapeaux, Donna Summer
Déjà, et c’est pas rien de le dire, elle était mieux balancée que Thelma « Don’t leave me this way » Houston ou Gloria « I will survive » Gaynor. Y’avait guère qu’Amii Stewart qui pouvait par sa silhouette rivaliser, mais elle sortait des trucs vraiment pourris. Tandis que la Summer, elle a aligné une série de hits qui ont marqué l’âge d’or du disco. Elle avait en plus une bonne voix, et derrière elle le malin moustachu italo-allemand Giorgio Moroder qui écrivait et produisait tous ses titres. Un Moroder que certains ont pris pour un génie (les mêmes qui croient que Cerrone a du talent), alors qu’il n’est qu’un laborieux rat de studio, ayant eu la chance d’être au bon endroit au bon moment.
Le bon endroit, c’était le New York de la seconde moitié des seventies, dans lequel une jeunesse toute urbaine commençait à être gavée sévère par tous les ploucs à chemise à carreaux sévissant dans la country, le folk, ou le futur du rock comme disait l’autre. C’est par et dans la réaction que naissent d’autres courants musicaux. Deux endroits devenus mythiques ont canalisé cette réaction musicale. Le CBGB d’où sortira le mouvement punk de la côte Est et le Studio 54, temple du disco… Et le côté destroy de l’affaire n’était pas forcément où on l’imagine. D’un côté les prolos, la colle à rustine, la bière tiède et les putes décaties, de l’autre les friqués, les saladiers de coke, les cocktails aphrodisiaques et les partouzes avec les top models. Sodome et Gomorrhe sur fond de « tchac-poum » …
Donna Summer fut la reine sonore des nuits du Studio 54, avant que les premiers séropos et l’hécatombe qui a suivi ne sifflent la fin de la récréation au milieu des années 80. Et pendant une poignée d’années autour de 1980, elle a accumulé les hits. Dont la plupart sont présents sur ce « Best of ». La plupart car il manque quand même le tardif  et bien-pensant « She works hard for the money », mais plus ennuyeux, « Love to love you baby », un de ses plus connus. Et comme il faut préciser que son morceau emblématique « I feel love » n’y est pas en version originale, mais en version « expended » et plus ou moins remixée, ce « Best of » n’en est pas tout à fait un  …
Restent quelques monuments disco des années 77-78-79 comme « McArthur Park », « Hot stuff » (pour moi son meilleur titre, LE titre disco de l’époque, avec l’énorme « tchac-poum » rythmique, la basse slappée, les chœurs de jeunes ( ? ) vierges ( ?? ) et tout le tremblement), « The Wanderer » … Assez vite, Donna Summer se démarquera du disco pur et dur pour s’orienter vers la variété dansante (« Love’s unkind », plus ou moins plagiat d’ABBA, le génie de l’arrangement des Suédois en moins), voire la variété « de qualité » ( ? ), avec tous ces titres centristes, radiophoniques et souvent pathétiques comme « On the radio », « Breakaway », « Love is on control », et à partir des années 80 des machins qu’il vaut mieux oublier …
Conclusion évidente, un « Best of » de Donna Summer, ça vaut pas un disque moyen de Chic …

METRONOMY - NIGHTS OUT (2008)


La nuit, l'ennui
Ce genre de choses devait finir par arriver … un revival dance – techno – electro – bidule … Le coupable, le susdit Metronomy, faux groupe drivé par un certain Joseph Mount, sujet de sa Gracieuse ( ? ) Majesté, qui s’est fait connaître comme remixeur tendance dans les années 2000. Un remixeur étant, il faut toujours l’avoir à l’esprit, quelqu’un incapable d’écrire une chanson, mais tout à fait capable de massacrer celles des autres …
Donc des chansons ou quelque chose qui y ressemble, point on n’en trouve dans ce « Nights out », malgré des titres d’une durée « classique », oscillant pour l’immense majorité entre trois et quatre minutes. Par contre des choses « à la manière de … », il y a de quoi régaler les amateurs de blind-tests.
A commencer par la pochette, dans un style pictural très proche de celui de « Autotbahn » de Kraftwerk. Las, Metronomy en est resté à l’image pour ce qui est des précurseurs allemands, se contentant tout juste d’effleurer leur palette sonore, notamment dans le titre choisi comme single « Radio Ladio », également sous influence Moroder. Et les années 70 disco sont souvent à l’honneur, avec « My heart rate rapid », « Heartbreaker » très Studio 54, « On the motorway » qui évoque les passages les plus dansants de Devo ou des B 52’s, trois titres assez réussis. Par contre des choses comme « A thing for me » donnent envie de militer pour une reformation ( ? ) de John Travolta et Olivia Newton-John, « Back on the motorway » réveille le souvenir des pénibles Buggles.
Il y a aussi des choses qui sonnent années quatre vingt, « On the dancefloor » piquant pas mal de plans à New Order, « Holyday » (rien à voir avec Madonna, mais très dance 80’s). Autres « emprunts » sonores, Daft Punk, quasiment plagiés sur « The end of you too » ou « Please me »…
Rien d’inaudible, même si quelques bêtises (« The chase » au rythme qui s’accélère jusqu’à la nausée, 2 remix inutiles) auraient gagné à rester dans les placards … Rien de bien renversant non plus d’ailleurs, et l’impression qu’en matière de musiques électroniques également, il semblerait que tout ait été dit …
Ceux qui cherchent l’originalité, l’innovation, laisseront de côté Metronomy, et ses quelque peu anecdotiques recyclages …Evidemment, ce qui devait arriver arrive, ces quelconques bénéficient d’une hype démesurée, quelques malentendants considérant même leur dernier méfait en date, une daube du nom de « The English Riviera », comme un disque qui compte, qui marque son époque …



OZOMATLI - STREET SIGNS (2004)


Fiesta
Ozomatli, c’est le son du Los Angeles des années 2000. Cette bande de métèques d’origines diverses et variées (blacks, blancs, jaunes, beurs, chicanos) trouve sous le soleil de Californie et dans les rythmes générés par la mégalopole la principale inspiration pour sa musique. A base des sons de leur temps, electro-rock et rap. Une fois passés dans leur moulinette, tout ça donne quelque chose de résolument festif et dansant. Un mélange totalement original, à tel point qu’ils sont signés aux States sur un label de jazz, et reçoivent la caution recherchée de la pianiste Eddie Palmieri sur deux titres.
Ce Cd commence par le monumental « Believe », ni plus ni moins que le « Kashmir » du rap. Une rythmique très rock, avec de vrais instruments, les violons arabisants, un mélange de rap, rock et raï. Une bombe pour les dancefloors… Ce qui suit est pas mal non plus, dominé par des rythmes latinos, avec de nombreux titres en espagnol. Parfois on est proche des choses dance et trépidantes de Gloria Estefan période Miami Sound Machine ou des déhanchements de Shakira (« Love & hope »), mais le plus souvent, ce sont des sonorités plus « classiques » de salsa, calypso, merengue … mais chaque fois mixés à d’autres sons exotiques comme le raï, folklore tzigane, world music orientale, … Dans ce genre, les meilleures réussites sont le morceau-titre, « Saturday night », l’ode d’Ozomatli aux boîtes de nuit disco, la salsa de « Nadie te ira » avec Eddie Palmieri …
Comme les Ozomatli connaissent leurs classiques, ils savent que l’on ne peut pas faire de la musique hispanique crédible à L.A. sans avoir la caution de David Hidalgo. L’ancien chef de meute des Lobos est bien présent sur un titre, « Santiago », le plus « classique » du lot et son influence est décelable en maintes occasions. Quelques fois, le résultat est voisin de ce que faisaient par chez nous, des gens comme les Négresses Vertes ou Mano Negra (« Deja me en paz »), ou le Manu Chao solo (« Come me duele »).
Le tout en restant « positif », mais Ozomatli ne sont pas naïfs pour autant et n’oublient pas de poser les bonnes questions (« Who discovered America »), même si contrairement au rap, le « message » n’est pas au premier plan dans leurs textes …
Bon, même si ce disque est globalement excellent, à force de vouloir en faire beaucoup, le groupe en fait quelques fois un peu trop, tombant dans la ballade FM un peu niaiseuse (« Cuando canto »), le remix qui parasite le morceau (« Ya viene el sol »), et a la mauvaise idée de mettre une version live de « Believe » en bonus qui n’arrive pas à la cheville de celle en studio …

CHRISTINA AGUILERA - STRIPPED (2002)


Indéfendable ?

La première fois que j’ai entendu Christina Aguilera, c’était quand elle chantait « Live with me » dans le film « Shine a light » de Scorsese consacré aux Rolling Stones. Autant dire que les starlettes MTV de la variét’ américaine, c’est pas mon rayon. Et si le vieux priapique lippu Jagger était allé la chercher, il devait bien y avoir une raison, peut-être même était-elle capable de chanter.
Alors, manière de vérifier, j'ai acheté un de ses skeuds, que les gens compétents (?) donnent comme son meilleur. Et effectivement, elle sait chanter, et plutôt bien même, à l’aise quel que soit le tempo, capable d’aller chercher des notes graves bien soul. Niveau musique, c’est plus ou moins intéressant, plutôt moins que plus quand même, à dominante de ballades assez dépouillées, loin des pathétiques kouglofs concoctés par tous les Pharell, Neptunes et autres Kanye West, responsables de tant de Tchernobyl musicaux. Au générique interminable de ce « Stripped », on note l’omniprésence à l’écriture de Linda Perry, qui connaît les recettes pour écrire des titres visant le haut des charts …
Bon, je me mets là, je souris, et je fais quoi après ? 
Bon, évidemment, j’ai bonne mine là, le type qui rate pas une occasion de dézinguer Radiohead, et qui là essaye de refiler Aguilera. Aguilera, c’est quand même Super Pouffiasse, le parfait exemple de ce qu’est capable de refourguer une industrie musicale en agitant des hochets plus ou moins sexy et rebelles, deux choses éminemment bankables, voir par ici où certains croient que Renaud est un rebelle. Alors que c’est juste un pauvre con. Et qu’il est pas sexy… Remarquez, on peut aussi remplacer Renaud par Saez, Cantat, Joey Starr, ça marche aussi ...
Ce « Stripped » est paraît-il un disque de rupture. Avec son image de petite fille modèle, maintenant, hey, Christina est grande, elle pose topless photoshoppé, ce qui à l’heure du porno en streaming sur le Net, n’a du réussir à faire froncer les sourcils qu’à quelques Mère-la-Vertu genre Sarah Palin ou Tipper Gore. Jouant sur les mots, la mignonne dévoile ses états d’âme, qui tiennent plus du récit de l’enfance malheureuse d’une Mireille Mathieu en Avignon dans le fauteuil de Drucker que de l’introspection psychanalytique sur un divan d’analyste …
« Stripped » est un disque long (quasiment 80 minutes). Bien long, trop long. S’y retrouvent donc un bon tiers de titres affreux et inutiles, dont une paire de pseudo-raps, l’un d’entrée avec la mini rappeuse exhibo Lil Kim, l’autre avec Redman (c’est qui celui-ci ?). Au niveau largement dispensable, la dance hispanisante « Infatuation » chassant sur les mêmes terres que la croupe ondulante de Shakira, un duo avec Alicia Keys (Alicia qui ?), la ballade surchargée ou de remplissage (« The voice other », « Loving me 4 me »,…)
Reste quand même une grosse poignée de titres qui se laissent écouter, escapades assez dignes vers du rock FM (« Fighter »), démarquage réussi du latino de Gloria Estefan (« Make over »), le gospelisant titre final « Keep on singin’ my song ». Et surtout, un domaine où Christina Aguilera excelle, la ballade aux réminiscences 60’s – 70’s (la parfaite « Beautiful », « Cuz », « Soar », « I’m OK ») titres bien interprétés, arrangements sobres et de bon goût …
« Stripped » n’est pas un disque qui fera oublier les merveilles d’Aretha Franklin ou Dusty Springfield, mais qui parvient tout de même à surnager de la mélasse variéteuse formatée des chaînes à clips …
Mais pourquoi les Stones l’ont invitée ? Oseront-ils Adele pour leur prochaine tournée ?

JANET JACKSON - RHYTHM NATION 1814 (1989)


Fouquet's sonore

Je me souviens … c’était avant que l’Internet tout-puissant et à la portée de tous soit là pour véhiculer l’information (ou répandre les rumeurs les plus débiles, au choix). Et donc en ces temps lointains, ce qui faisait le buzz, c’était la presse trash. Il s’était trouvé quelque torchon où quelque paparazzi se targuant de musicologie avait révélé ce scoop : Janet Jackson ne faisait pas de disques. Les disques de Janet Jackson n’étaient rien de plus que des disques de son frangin dont la voix était pitchée. La preuve ? Prince avait déjà fait le coup sur son album « Sign the times » avec son pseudo-« double » Camille …
Une pervenche ? Meuh non, Janet Jackson ...
Certains, à l’imagination sans limites, s’engouffrèrent même plus loin dans la brèche, affirmant que Janet Jackson n’existait point, et que ses apparitions physiques n’étaient que celles de son  Michael de frère, grimé tel un Tony Curtis dans « Certains l’aiment chaud »… Bon, on se calme, là, Janet Jackson existe bel et bien, malheureusement pour nos oreilles, et ce n’est pas un avatar féminin du Fred Astaire grisâtre des années 80.
A contrario, d’autres, dans de sérieuses revues musicales ayant pignon sur rue, trouvaient que la cadette des enfants de Joe était l’élément le plus doué de la famille … Euh, faut pas déconner non plus … Tout au plus peut-on lui accorder qu’elle avait gentiment rué dans les brancards, quittant le lourd giron familial pour passer chez l’« ennemi », du côté de Minneapolis, dans la galaxie Princière, plus précisément les studios de Jimmy Jam et Terry Lewis. Avec lesquels elle avait obtenu un gros succès, le disque « Control », sympathique machin dansant et funky, mais dont on peut se demander si sans son très bankable patronyme à elle, il se serait vendu à autant de millions d’exemplaires.
Et donc, selon le sacro-saint prétexte du « on ne change pas une équipe qui gagne », re belote avec ce « Rhythm Nation 1814 » (pourquoi 1814 ? je n’en sais foutre rien et je m’en tape …), la Janet, Jam et Lewis poursuivent leur collaboration. Et là, on devine le budget de prod à peu près illimité. Ce disque est pénible, interminable étalage d’effets sonores qui partent dans tous les sens, de titres où s’entrechoquent des empilages de synthés, boucles, de chœurs, d’arrangements bien trop clinquants pour être honnêtes. On a du pognon, du temps à perdre en studio, on vous en fout plein les oreilles, on va chercher des trucs dans la techno, le rap, le rock, la soul, le funk, on te vous mélange tout çà grossièrement … et on scrute après les courbes de vente et les retours sur investissement. Un disque qui pue le fric et une certaine forme de mépris de l’auditeur …
Qu’y a t-il pour sauver ce kouglof sonore ? A mon humble avis, pas grand-chose. La Janet n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler une voix, son piaillement tout dans les aigus finit vite par gonfler grave, il n’y a aucune direction musicale, on pioche des gimmicks, des sons dans l’air du temps, on tente ce crossover multi-genres qui a si bien réussi à frérot Michael, des morceaux dansants mais d’une pauvreté mélodique qui frise l’indigence, un rock à guitares (« Black cat ») grossièrement hard FM, une triplette de ballades sans conviction jetées à la fin du disque …
Résultat des courses : huit morceaux sortis en single, quatorze millions de disques vendus dans l’année … La routine, quoi …



OF MONTREAL - SKELETAL LAMPING (2008)


Epuisant ...

Il y a quelque chose d’agaçant chez quelques uns, cette tendance, dont les surfaits Arcade Fire ou Sufjan Stevens semblent être les prototypes, à vouloir faire de leurs disques une démonstration permanente, instaurer un rapport de force à grands coups d’esbroufe avec l’auditeur, du genre ; « Hey, t’as vu tout ce que je suis capable de faire, comment je te maîtrise tous ces genres, et tout ce talent que j’ai … ».
Ils ont déjà les plumes ... envoyez le goudron ...
Et pourtant, Kevin Barnes, longtemps loup solitaire dans son projet Of Montreal, est un type qui revient de loin, qui aurait dû retenir la leçon de ses années de galère, quand il bricolait à la diable ses titres basiques dans son home studio. Lumpenprolétaire du rock indie US, il sortait des albums que personne ne remarquait à une cadence infernale. Et puis, en 2007, un buzz conséquent a entouré la parution de « Hissing Fauna, are you the destroyer ? » et l’a sorti de l’anonymat. Un bon disque, voire plus, au petit succès mérité, plein de disco-funk dans l’air du temps, une grosse fixette pour le Prince des années 80-90, et l’apparition à la fin du Cd de son double, son Ziggy Stardust à lui, George Fruit (pas très glamour comme pseudo, mais bon, …)
Fruit-Barnes est à l’ouvrage pour la suite, ce « Skeletal lamping », avec sa voix de fausset gonflée à l’hélium, et ce disque voit l’apparition tout ce qu’il y a de plus officielle de quelques potes de Barnes, qui composent le line-up de Of Montreal, devenu un vrai groupe, fanfare à tout faire au service de l’imagination débordante de son Lider Maximo.
Qui, comme tant d’autres, a du prendre en pleine poire les « Revolver », « Sgt Pepper’s » et « Pet sounds ». Et s’est cru capable de faire pareil. Mais n’est pas les Beatles ou Brian Wilson qui veut. Des idées, Barnes en a. Beaucoup. Trop même. On change de rythme, de mélodie, de tempo, d’arrangements en permanence, sous des tonnes de synthés, de cuivres, de cordes, de chœurs. Génial sur un titre, pénible au bout de dix minutes, insupportable sur la durée, d’autant que tous les morceaux sont enchaînés, on croule, on est enseveli et on finit par être écœuré par ce patchwork sonore. Comme si Of Montreal avait essayé d’aligner quinze « Good vibrations » … sans en réussir un seul.
Allez, les gars et les filles, on se calme, on simplifie tout ça, parce que là, franchement, c’est imbuvable votre truc …


Des mêmes sur ce blog :
Hissing Fauna, Are You The Destroyer ?

PET SHOP BOYS - VERY (1993)


Too much ?

En fait, c’est surtout ça qui me plaît chez ces Boys-là … ce côté absolument ringard et kitsch, cette apparente nullité assumée … cette (fausse, bien entendu) impression que ces deux types n’ont pas bougé d’un iota depuis leurs débuts, qu’ils refont le même disque depuis la nuit des temps… le genre de choses qu’on ne pourrait pas reprocher (éclats de rire) … aux Cramps ou à Canned Heat …

Les deux types, absolument indéfendables selon l’Evangile de Saint Johnny Thunders, savent cependant trouver des mélodies simples, simplettes et simplistes, qui devraient retenir l’attention de tout fan des Beatles et de Paul McCartney normalement constitué, enjolivées de textes au énième degré qui sont loin d’être aussi niais que ce que l’on pourrait croire de prime abord.

Pet Shop Boys live : les cubistes du disco ?
Les Pet Shop Boys ont trouvé une formule et s’y tiennent. Leurs disques, de loin, sonnent rigoureusement tous de la même façon, électro-pop synthétique et dansante copyright début des années 80. Même si avec leurs dizaines de millions de disques vendus, ils pourraient se payer les meilleurs sessionmen et les orchestres symphoniques, Tennant et Lowe continuent de donner dans le tout synthétique cheap. Cheap seulement en apparence, les dernières bécanes numériques qu’ils s’efforcent de faire sonner comme de vieux synthés analogiques sont là et bien là, les couches sonores sont innombrables, et les emprunts ou clins d’œil aux dernières « tendances » électroniques sont présentes (« Theatre », « Yesterday when I was mad »).

Leur truc de base, aux Pet Shop Boys, c’est donc la danse-disco des années 80 qui les a vu naître artistiquement, et enchaîner, mais pas à des fréquences de bagnards, des disques invariablement parsemés de singles qui se vendent par camions. Ces deux zigotos ont, mine de rien, toujours plusieurs mélodies imparables en réserve, et en inondent leurs galettes. Qu’est-ce que vous pouvez trouver à redire à des choses comme « Can you forgive her ? », « Liberation » ou « Yesterday, when I was mad » ? Rien, y’a rien à dire. Ce sont des choses qui se retiennent à la première écoute, même si les arrangements et les mélodies à tiroir de « Yesterday … » ont du laisser songeurs tous ceux qui s’escriment à l’écriture, leur montrant la différence entre une  chansonnette sympa et un morceau bien écrit…

Et puis, parce que les Pet Shop Boys savent flirter avec toutes les limites, même celles du ridicule, mais sans y sombrer toutefois, ils font un sort au « Go West », hymne disco-pedzouille des funestes Village People, rendant ce titre écoutable et encore plus dansant que l’original. Et comme rien n’est neutre chez les Pet Shop Boys, c’est évidemment un moyen pour eux de mettre, comme souvent dans leurs disques, la cause homosexuelle en avant, comme ils l’avaient fait quelques années auparavant, lorsqu’ils avaient fait chanter une Dusty Springfield en plein coming-out sur leur « What have I done to deserve this ? ».

De plus, contrairement à leurs collègues only synthés (tous ceux qui ont eu à endurer live les sinistres Portishead, Massive Attack et consorts comprendront), les Pet Shop Boys donnent des concerts absolument déments par le kitsch déployé, à faire passer Elvis à Las Vegas (tiens, et « Always on my mind », c’est pas géant comme reprise ?) pour un concile de franciscains, et inscrivant le duo anglais dans la droite lignée de gens comme les Sparks ou Queen…


BIG AUDIO DYNAMITE - TIGHTEN UP, VOL. 88 (1988)


 Pas très détonants 

La suite, mais pas encore la fin, des aventures de Mick Jones et de son « collectif » B.A.D.. Après la réconciliation avec Joe Strummer qui avait donné le bon « N° 10, Upping Street », l’ex-Clash se retrouve pour ce Cd à nouveau orphelin de son ancien complice et cela s’entend.

Réunion d'anciens combattants : Big Audio Dynamite en 2011 ...Putain, ils ont morflé ...
Le « gros son » du Cd est vite lassant, et assez paradoxalement, ce sont les morceaux qui remémorent le plus les Clash (« Other 99 », « Mr. Walker said »), qui sont les moins bons. En effet, la voix et la construction des morceaux rappellent le prestigieux groupe, mais les arrangements électroniques souvent lourdingues ne passent pas. Au rayon des échecs, signalons aussi un « Applecart », qui sonne comme du Pet Shop Boys endormi, un « 2000 shoes », funky balloche à 2 euros, un pitoyable « Battle of all the saints », …

Seuls des morceaux comme « Esquerita », hommage au pionnier noir du rock’n’roll inspirateur le Little Richard réussissent la difficile synthèse entre rock’n’roll et électronique qui semblait être le but recherché du disque.

Après les deux premiers disques prometteurs, celui-ci raté et une longue maladie de Mick Jones, le chapitre B.A.D. allait être clos. Une nouvelle mouture du groupe toujours avec Jones mais d’autres musiciens allait tenter de relancer sans guère plus de succès la machine.

Un seul être vous manque …


SLY & THE FAMILY STONE - THE WOODSTOCK EXPERIENCE (2009)


L'arnaque indispensable

N’eût été le décès de l’ancien beau-fils de Presley, le gros coup de l’été 2009 aurait été la commémoration des 40 ans de Woodstock. Le genre de projet minutieusement préparé par Sony pour rajouter un peu de toile aux parachutes dorés de ses actionnaires. « Take the money and run » comme disait Steve Miller …

5 doubles Cds comprenant les rééditions d’un disque studio de l’époque, plus l’intégralité de la performance de l’artiste à Woodstock. Sont concernés les signatures maison Joplin, Airplane, Johnny Winter, Santana, Sly & The Family Stone. Et si ce genre de machins vous plaît, le coffret avec l’ensemble des 10 Cds.

Woodstock, ce barbecue géant de hippies… Dont on connaît le son (les triple 33 T, les doubles Cds, et tous les titres qui traînent sur des compilations, coffrets, bootlegs, …) et l’image (le film de Wadleigh). Avec quand même quelques moments qui ont marqué leur époque et les générations futures.

Hendrix à l’aube du quatrième jour, devant trente mille rescapés hébétés, qui lacère l’hymne américain à grands coups de Stratocaster. Santana qui se fend d’un « Soul Sacrifice » aussi chaud que le soleil exceptionnellement présent cet après-midi là. Le plombier Joe Cocker, les yeux exorbités, qui invente la air guitar sur « With a little help from my friends ». Alvin Lee qui se fend d’un hallucinant solo sur « I’m going home ».

Comment vouliez-vous qu'ils passent inaperçus ?
Et Sly et sa Famille qui propulsent à grands coups de « I want to take you higher » leur soul-funk psychédélique dans un ailleurs cosmique.

Sly & The Family Stone, justement. Essentiellement un groupe de Noirs. Et des Noirs, à Woodstock, il n’y en avait pas beaucoup, sur scène, et encore moins dans le public, d’après le film. Et j’étais curieux de voir si le show de la Family était du niveau de ce que tout le monde connaissait.

Et bien oui. En cinquante minutes de folie furieuse, Sly et son groupe envoient une grande leçon de musique totale, une scansion rythmée hallucinante et hallucinée. Il me semble que les témoignages live de Sly & The Family Stone ne sont pas très nombreux, et donc cette prestation est indispensable.

Ce soir-là, le sieur Sylvester Stewart et sa famille ont tutoyé les étoiles. Le buzz sera tel que Miles Davis  lui-même poursuivra Sly de ses avances, le suppliant de travailler avec lui. Lequel Sly, trop souvent (toujours ?) « high », n’en aura rien à foutre et jettera même Davis des studios quand il sera lassé de le voir dans ses pattes. Le jazzman, de dépit, se lancera à corps perdu avec McLaughlin et consorts dans ce que l’on appelera jazz-rock, et que quelques malentendants persistent à trouver génial. L’autre Maître de la black music, James Brown, ruminera dans son coin avant de trouver la réponse à Sly qui aligne en ce début des 70’s 45 T et 33 T majestueux. James Brown se sentira tout à coup terriblement vieux et dépassé, il jouera son va-tout dans un sublime coup de poker, virant ses antiques JB’s pour embaucher une troupe funky d’ou émergeront les tignasses afro de Bootsy et Catfish Collins. Une des premières séances de ce groupe donnera la moitié du faux live mais vrai chef-d’oeuvre « Sex Machine ».

Mais il y a quand même quelques détails que le chaland potentiel doit savoir.

Le disque studio du package Sly & The Family Stone, c’est « Stand ! », au demeurant excellent. Mais pas de bol,  je l’avais en 33 T et racheté en Cd. Je me retrouve donc avec un joli petit frisbee au logo Woodstock et à l’estampille Sony Music dont je n’ai que faire.

Autre détail, le son du concert est remastérisé. Ce qui veut dire que l’on entend beaucoup moins l’énorme souffle de mammouth de la sono qui faisait disparaître la moitié de la musique. Revers de la médaille, les bandes ont été « retravaillées ». Si Sly Stone ne s’en tire pas trop mal, le résultat pour d’autres est pour le moins curieux, avec notamment l’Airplane, le plus mélodique des groupes psychédéliques qui sonne comme … Steppenwolf. Au vu de la qualité du coffret Rhino « 3 Days of Peace & Music », on peut dire que les ingés de Sony ont sorti avec ces bandes un boulot de  gougnafiers.


Mais comme je suis de bonne humeur, je vous mets pour le même prix mon avis sur les quatre autres.

L’Airplane renforcé de Nicky Hopkins au piano, sonne comme un groupe de hard, avec Grace Slick et Balin qui hurlent, et balance une interminable version (plus de vingt minutes) de leur emblématique mais fort ennuyeux « Woodenships ». Disque studio : « Volunteers ». A réserver au conseil d’administration du fan-club.





Santana est grandiose, tout est du niveau de « Soul Sacrifice ». Disque studio « Santana » son 1er 33T avec la tête de lion sur la pochette. Mais tout le concert existait déjà officiellement (coffret « Legacy » il me semble).







 
Johnny Winter fait ce qu’il a toujours fait et refera ad vitam eternam, son numéro de juke-box avec longs solo de guitare un peu partout se terminant par (quoi d’autre) « Johnny B Goode ». Doit bien exister 300 live de l’albinos texan aussi bons ou meilleurs que celui-là. Disque studio « Johnny Winter » de 1969 avec la pochette noire (lui par contre excellent).





 
Reste le cas Janis Joplin. Elle s’était opposée à ce que sa prestation apparaisse sur le triple 33 T de 1970. Et là on comprend pourquoi. Ce n’est pas elle qui est en cause, elle est même très correcte au chant, même si d'après les témoignages des "rescapés", elle était pourtant "ailleurs". Mais le groupe (le Kozmic Blues Band) est pitoyable avec mention  spéciale à une section de cuivres imbécile passant du free-jazz à la soul et au rythm’n’blues à l’intérieur du même morceau et couvrant tout le reste de son affreux raffût. A fuir absolument. Disque studio « Kozmic Blues ».




Comment ça, j’ai pas trop causé du live de Sly & The Family Stone. Je vous ai dit quelque part qu’il était excellent et indispensable. Et je persiste et signe.

Du même sur ce blog :
There's A Riot Going On



FRANZ FERDINAND - FRANZ FERDINAND (2004)


Tout simplement ?

C’est tout leur mérite et peut-être la raison de leur succès autant phénoménal qu’imprévisible, que d’avoir remis la simplicité au cœur de la musique. Quatre jeunes Scottish qui se la pètent pas (enfin, pas encore, Kapranos est vite devenue un leader dictatorial), qui font une musique entraînante, simple et sans prétention, à des lieues de leurs pompiers ancêtres écossais Simple Minds ou Waterboys …

Franz Ferdinand : transparents ?
Une musique qui renoue avec les fondamentaux : du rythme, de la mélodie … et que dansent les filles, cette curieuse engeance trop souvent oubliée par les machos du rock. Les Franz Ferdinand ont la lucidité de ne pas s’étendre outre mesure sur leurs influences évidentes, Gang of Four et Talking Heads pour la musique, Kraftwerk pour au moins l’aspect visuel du Cd … Les Franz Ferdinand, très intelligemment, mettront la couverture sur le prêchi-prêcha marxiste des premiers, le côté fumeuse prise de tête des seconds, et la métronomie répétitive des derniers. Ils ne garderont que l’essentiel, ces rythmes gentiment énervés et sautillants, ces mélodies faciles mais évidentes, ces refrains à reprendre en chœur.

Et de ces petites bombinettes trépidantes, ce disque, leur premier, en est rempli (« Take me out », « Darts of pleasure », « The dark of the Matinée », …). Autant de titres qui serviront de locomotives, entraînant le reste d’un l’album, au demeurant excellent, vers des chiffres de vente qui ont fait bien des jaloux, et les têtes d’affiche des festivals européens … Ceux qui achètent encore des Cds verront que ce « Franz Ferdinand » est sorti sur le label Domino, qui faisait une entrée tonitruante dans le business, avant de signer plus tard les très vendeurs Arctic Monkeys, les très « cultes » Robert Wyatt, Stephen Malkmus, Elliott Smith, ou encore une des dernières hype du moment, Anna Calvi …

Des mêmes sur ce blog :
You Could Have It So Much Better
Right Thoughts, Right Words, Right Action