THE LEMON TWIGS - DO HOLLYWOOD (2016)

Rain Men ?
Ou plutôt Rain Childs tant ces deux frères (Michael et Brian d’Addario, from N.Y.) semblent surdoués. Un peu trop pour être honnêtes ? J’en sais rien et je m’en cogne … Même si on m’empêchera pas de penser (fuck you Marine) que faire des trucs comme ça quand on a dix sept ans et dix neuf ans pour le plus « vieux » des deux, c’est quand même suspect. Y a t-il un Gepetto, habile marionnettiste qui tire les ficelles de ces deux ados, un papa Jackson (pour les cinq minots du même nom) ou un Kim Fowley (pour les Runaways) des années 2010 ? Apparemment non, et c’est le plus étonnant de cette affaire.
Mal habillés, les Lemon Twigs ?
Pourtant c’était pas gagné. Habillés avec un mauvais goût qui donnerait des sueurs froides à Gilbert Bécaud et Aznavour s’ils étaient pas morts, coiffé « mulet » pour un des deux (putain, qui à part l’ancien bassiste des Jam s’il est encore de ce monde se peigne de la sorte aujourd’hui ?), on imagine les cauchemars des attachés de presse pour vendre les Lemon Twigs …
Par contre, dès qu’on appuie sur « Play », il se passe un truc avec ce Cd. Le même genre d’émoi qu’à l’écoute du premier MGMT (des nouvelles de ces éphèbes disco-pop, quelqu’un ?), les bonnes références en plus. Faut bien sûr être fan des Beatles, des Beach Boys, des Kinks, du Band, des Bee Gees des débuts, des Zombies, ce qui devrait être le cas de tout humain normalement constitué et doté d’une paire d’oreilles en état de marche. En gros de la pop 60’s tarabiscotée de très haut niveau, faite à l’époque par des types aussi géniaux qu’inégalés. C’est dire si les Lemon Machin placent la barre très haut. Et le plus étonnant c’est qu’ils arrivent à la franchir souvent, en tout cas beaucoup plus souvent que les myriades de zozos qui s’y essayent depuis cinquante ans …
Pas besoin d’aller chercher loin. Dès le premier titre (« I wanna prove to you »), on se retrouve en plein trip McCartney-Beatles circa 68-69 plus vrai que nature. Le suivant (« Those days is comin’ soon ») c’est Ray Davies et les Kinks qui te sautent à la gueule, dans ce vaudeville suranné, cette mini comédie musicale, conclue par une fanfare New Orleans, le genre de titre que personne avait osé depuis – au hasard – les Reines de « Bohemian Rhapsody ». Bien sûr, on dira qu’il n’y a pas l’évidence indiscutable et instantanée de ces grands hits marmoréens de l’époque, mais qui aujourd’hui, à part Maître Gims, est capable de torcher des machins pareils ? Répondez pas tous en même temps …
Ben oui, mal habillés ...
Il y a dans tous les titres de ce « Do Hollywood » une exubérance instrumentale (ce sont les deux nourrissons qui jouent de tous les instruments, en plus d’harmoniser ou de chanter lead à tour de rôle), qui aurait même tendance, et c’est le plus gros défaut (enfin, défaut est dans ce cas un bien vilain mot) à quelquefois devenir trop démonstrative. Qui à part les derniers fans chauves des rouflaquettes géantes de Mungo Jerry, à envie de se fader un solo de kazoo sur le final de « As long as we’re together », titre par ailleurs pas rebutant notamment grâce à son début qui me fait furieusement penser au Bowie de « Memory of a free festival » (cherchez pas, c’est un titre assez quelconque de « Space oddity »).
Les Lemon Twigs flirtent avec toutes les limites, dans un spectre assez varié, taquinant le sublime ou manquant de se dissoudre dans le mauvais goût (exemple du titre foiré, « Frank », lyrique, pompier, quasi prog et son final symphonique boursouflé). Et puis pour marquer leur temps et leur terrain, ils nous font leur « Good vibrations » (à l’attention des fans de Slayer, je rappelle que « Good vibrations » est le meilleur morceau du siècle dernier et de ceux à venir). Ça s’appelle « A great snake », ça commence façon « All I wanna do » de Sheryl Crow, c’est un titre à tiroirs, sautant du coq à l’âne mélodique, et forcément et logiquement, ça ne vaut pas la merveille de Brian Wilson. Faut parfois avoir conscience de ses limites, les petits…

Surprenant, parfois excellent, « Do Hollywood » est à ranger pas très loin du « Vampiric way » des frenchies but chic Bewitched Hands sur l’étagère « c’était mieux avant, mais on va essayer de faire aussi bien » …


2 commentaires:

  1. Niveau look, effectivement, ça se pose là. S'ils voulaient faire fuir leur public, ils ne s'y prendraient pas autrement.

    J'avais pas vu un duo de tarins pareils depuis Entwistle et Townshend !

    Bon, après les clips ultra posés (la veuve Kubrick a eu ses royalties ?) je suis allé voir des lives joués dans une émission de radio. Plus énervé, à quatre, c'est encore plus impressionnant, surtout quand les frangins échangent leur place batterie / guitare. Il y a un peu de l'énergie des Who, parfois.

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    1. Ben c'est vrai que tout ce cirque, ça s'apparente à du ... cirque. Les animaux surdoués qui font le spectacle.

      J'ai de plus en plus l'impression que maintenant plus rien n'est accidentel (des jeunes qui réussissent par concours heureux de circonstances), qu'il y maintenant des gosses un peu déphasés qui passent tout leur temps à s'imaginer rock star. C'est le métier qu'ils veulent faire, comme d'autres rêvent d'être gamers pro ou je ne sais quelle activité qui n'est plus de mon âge ...

      Quant tout ce foutu bazar à commencé (à Chicago, à Memphis, à Londres, ...), c'était pas du tout pareil. Je sais pas si c'était mieux, mais les mentalités, les "objectifs" étaient totalement différents ...

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