FAT WHITE FAMILY - SONGS FOR OUR MOTHERS (2016)

Gueule de bois ...
Ce disque pue. Des fois la mort, mais le plus souvent des odeurs de pisse froide, de vomi tiède, de mégots mal écrasés, de mousseux bas de gamme éventés, et la sensation d’un putain de mal de tronche carabiné. Rajoutez à cela une atmosphère aussi gaie qu’une veillée funèbre chez les Fillon, et vous avez une galette qu’il va être difficile de mixer avec la Compagnie Créole dans vos soirées. Vous allez objecter que les Fat White Machin ont pas des bobines à écouter la Compagnie Créole, ben vous voulez mon avis, y’a des fois ils devraient.
Cette pléthorique raya anglaise est paraît-il la dernière tribu punk dont il faudrait avoir entendu causer… bâillements … Je veux bien qu’on me la coupe (de toute façon, à mon âge quasi canonique, elle me servira bientôt plus que pour pisser) s’ils trouvent des foules de preneurs à leur truc. Pas que ce soit extrêmement mauvais, non, même pas, mais c’est juste que ces trips musicaux déglingués, ben, faut avoir un peu plus de consistance que ces biquets british pour pas s’y vautrer sans avoir l’air ridicule.
Aubergiste, à boire !!!
Chez ces types, y’a comme un parfum de réchauffé. De la pochette qui plagie quand même un peu celle de « Brothers » des Black Keys (mais pourquoi ?), jusqu’à des trucs entendus cinquante douze milliards de fois. Bon, pas ces temps-ci, je vous l’accorde, et pas exactement de la même façon, je veux bien aussi. Mais à qui faire croire qu’il y a dans « Songs … » quelque chose qui vaille qu’on écoute et – soyons fous – qu’on achète pareille rondelle dans notre pauvre monde youtubé où Deezer ou Spotify font figure de modèle musical d’avenir, tu vois un peu la sale gueule qu’il a l’avenir, aussi réjouissant que le comeback de Sarko, toute hypocrisie et dents bien blanches en avant, prêtes à de nouveau rayer le plancher, pour que ce Gollum de la politique retrouve son précieux et nous entube bien fort et profond à nouveau…
Ça ressemble à quoi, leur bidule, aux Fat White Machin ? A des jets de bile froides comme en postillonnait The Fall, à des complaintes suppliciées à la Joy Division, à des tourneries morbides de Faust (et pas seulement à cause de la pochette), à la métronomie constipée du krautrock bas de gamme des 70’s, aux requiems lugubres des Electric Prunes sur la B.O. de « Easy Rider », aux pleurnicheries sépulcrales de Lennon époque Plastic Ono Band. Tiens, puisqu’on en est à causer du Beatle révolvérisé, signalons à l’attention des exégètes et curieux de tout poil, que c’est le fiston Sean qui a produit quelques titres, avant de jeter l’éponge parce que les mecs de Fat White Etc… foutaient à la moindre occasion la main au cul de sa gonzesse.
Car les FWF se sont vautrés jusqu’à plus soif et plus de cloison nasale dans tous les excès du rock’n’roll way of life, alimentant de ragots déglinguos ceux qui les attendent pour juger la qualité des mecs à l’aune des scandales qu’ils génèrent. C’est pas que j’ai viré amish, mais les frasques de rockers en goguette, bon, ça va, on commence à connaître, même Michel Delpech se poudrait les naseaux il paraît, putain Michel Delpech, avec ses moustaches, ses futes en tergal pattes d’eph et ses rengaines pourries, y’a des mecs qui te feraient croire qu’il faudrait baptiser un porte-avions à son nom, juste pour rendre hommage à ce « grand poète ». Que Mireille Mathieu oublie un jour de respirer et il se trouvera bien à la téloche un tocard pour la comparer à Janis Joplin ou Ella Fitzgerald … bon, no comment davantage, parce que je vais finir par devenir méchant …
Ah, ça va déjà mieux
En fait, ce « Songs … », ça ressemble aux Pogues qui reprendraient le « Fun House » des Stooges, avec le trip nihiliste et jusqu’auboutiste d’Iggy et ses potes de défonce devenant juste une ballade glauque. Faut avoir les épaules plus larges que le FWF pour s’attaquer à des choses pareilles. Même si parfois ça évoque les ballades crépusculaires de Nick Cave ou du Johnny Cash cancéreux de la fin.
Il serait presque intéressant ce disque, en tout cas pas aussi mauvais que ce que ma prose agile pourrait laisser deviner, sauf qu’il y a pour moi un gros truc qui coince. « Songs … » est farci de références et d’allusions pas vraiment finaudes à une putain d’idéologie vert-de-gris. Un titre comme « Duce » peut passer pour une mauvaise blague bleu marine, mais ça se complique quand le titre suivant s’appelle « Lebensraum ». A l’attention des Bac-15, je signale que le lebensraum (espace vital dans la langue de Merkel) était le mot-clé des géopoliticiens nazis et le prétexte aux visées expansionnistes du IIIème Reich. Et c’est pas tout, le dernier titre de « Songs … », c’est « Goodbye Goebbels ». Autrement dit, les zozos de FWF, ils se sont un peu pris les arpions dans le tapis dialectique fachisant et marchent sur les traces des plus que douteux belges électro de Front 242 ou des slovènes abrutis de Laibach… On peut trouver mieux comme références.

Si les nouvelles sensations électriques du wokanwoll se situent à ce niveau, va falloir très sérieusement envisager de se mettre à la Compagnie Créole ou à Magic System, c’est plus positif. Hey, remets-moi Johnny Kidd …


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