TOM PETTY AND THE HEARTBREAKERS - YOU'RE GONNA GET IT (1978)


Un disque bâclé

Pourtant, à une époque où sortir un disque (voire plus) par an était chose courante, ils s’étaient pas précipités, les Heartbreakers de Tom Petty, avant de revenir en studio. Ils avaient attendu deux ans, manière de digérer le gros succès de leur première galette éponyme. Et bizarrement, ce « You’re gonna get it » sonne bâclé, plus carte de visite démonstrative, qu’album accompli, pensé, écrit …
D’abord il n’y a rien du niveau de « Breakdown » ou « American girl », qu’on trouvait sur le précédent, ces hits parfaits qui avaient lancé la carrière de Petty. Avec « You’re gonna get it » (pff… rien que ce titre, et cette pochette hideuse, genre groupe de hair metal des 80’s, tout sonne bâclé), on a l’impression que le groupe, stupéfait des progrès techniques qu’il a accompli en sillonnant pendant deux ans les States, s’écoute jouer. Du genre « hey, t’as vu comment je te prends ce solo et toutes les notes qu’il y a ». Du genre aussi « on assure tellement qu’on va pas s’emmerder à faire cinquante prises, on en fait trois, on garde la meilleure et basta … ». Sauf que quand on joue de la power-pop, du rock couillu mais mélodique, on joue deux genres qui ne supportent pas l’approximation, et le dilettantisme se repère vite.
Il n’y aurait pas cette prétention technique plus m’as-tu-vu que réellement impressionnante d’ailleurs, on pourrait presque à cause de cette ardeur et de cette rage juvénile mal canalisées, qualifier ce disque de punk, galaxie musicale dans laquelle certains ont paresseusement et surtout bêtement étiqueté les débuts de Tom Petty. Hum… ils ont dû confondre avec les autres Heartbreakers, ceux de Johnny Thunders, tant il est évident que Petty est un traditionaliste, voire un centriste musicalement … Ne rien chercher non plus dans cette galette quoi que ce soit qui s’apparente de près ou de loin au folk-rock d’un Dylan, aux harmonies vocales et aux mélodies des Byrds, gens que Petty vénère. Les références à ceux-là viendront plus tard.
Ici, c’est le domaine du gros rock qui tâche, mais sans beaucoup de choses qui s’incrustent dans la mémoire. A sauver de ces dix titres (pour moins de 30 minutes, ils se sont vraiment pas décarcassés) « Too much ain’t enough » et « I need to know », deux rocks enlevés, concernés et sans fioritures, ainsi que « Listen to her heart », annonciateur du Tom Petty sound qui fera sa fortune sur les disques suivants, et qui contient quelques bribes mélodiques semble t-il issues du « Needles and pins », le classique de Sonny Bono et Jack Nitzsche, un titre qui figurera souvent dans le répertoire live de Petty, ceci expliquant sans doute cela.
Quand au reste de ce « You’re gonna get it », à mon avis, on peut le zapper … Heureusement pour lui, Tom Petty se remettra vite sur de meilleurs rails, changera de maison de disques et publiera l’année suivante son premier grand chef-d’œuvre, « Damn the Torpedoes ».

Des mêmes sur ce blog : 
Damn The Torpedoes


1 commentaire:

  1. Ouais, t'aurais du faire Damn the Torpedoes à la place.
    (arrête avec centriste, je te jure, on dirait que tu fais la campagne du modem. Petty c'est du classic rock quoi).

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