X - WILD GIFT (1981)


X File

X, dès le départ, est un drôle d’assemblage. Un couple de babas à la ville comme à la scène, John Doe (bassiste et chanteur) et Exene Cervenka (auto-proclamée poétesse – just like Patti Smith – et chanteuse), un guitariste fada de rockabilly (Billy Zoom, qui a fait partie des derniers tours de piste du band de Gene Vincent), et un batteur (Don Bonebrake) sur lequel il n’y a pas lieu de s’extasier outre mesure. Le groupe vit à Los Angeles, le paradis du glamour et des surfeurs bronzés, et en cette fin des 70’s, le lieu le plus improbable pour l’éclosion d’un orchestre punk. 

De gauche à droite, Zoom, Cervenka, Bonebrake, Doe : bien classés, X ...
Une petite scène se formera pourtant, dont X sera partie prenante, en compagnie des formations embryonnaires des Go-Go’s, Blasters, Germs, Lobos… Le déclic surviendra pour X quand le has-been Manzarek, des feu Doors, s’entichera du groupe, les accompagnera quelquefois sur scène, les aidera à trouver un label et produira leurs disques. Dont ce « Wild Gift », leur second …

Le son général, l’ambiance du disque, sont de prime abord assez déconcertants, pour l’époque s’entend. Assez loin de toutes les références du punk anglais, adossé sur un binaire simplissime voire simpliste dérivant du rock’n’roll revisité glam. Chez X, grâce à Billy Zoom, la touche rockabilly est en avant, particulièrement sur des titres comme « In this house … », « Beyond and black », « Year 1 », … Le chant, notamment celui d’Exene Cervenka, peut en rebuter plus d’un. Souvent déclamatoire, forcé dans les aigus, il se marie cependant très bien à la voix de John Doe, les deux se partageant le micro.

« Wild gift » est un disque varié, concis (13 titres en un peu plus de demi-heure), très mélodique même sur les morceaux effectués pied au plancher, piochant très occasionnellement des choses chez les punks Anglais (« When our home… »), d’autres dans la new wave de Devo (« Adult books »). Malgré tout, X a son image sonore propre, ce contraste entre le feu et la glace des deux voix, et ces racines rock’n’roll et rockabilly qui pointent partout. Manzarek, s’il doit être pour quelque chose, et peut-être même pour beaucoup dans la fluidité des compositions, reste étonnamment dans l’ombre, sobre et discret (à peine discerne t-on quelques nappes de claviers), ce qui n’est pas d’habitude sa principale qualité …

X durera ce que durera le couple Doe – Cervenka (des titres font déjà allusion à une rupture larvée ou consommée comme « In this house … » ou « White girl »), les dissensions et le split ne sont plus très loin. En tout cas, avec ce « Wild gift » et son prédécesseur, les X ont remis Los Angeles, où jusque là régnaient sans partage Eagles, Fleetwood Mac et autres Doobie Brothers, sur la carte du rock qui rocke et qui rolle …


4 commentaires:

  1. J'ai le premier, Los Angeles, que j'aime beaucoup. Il parait que c'était un groupe de scène génial.
    J'aime l'harmonie des voix Cervenka/Doe, le petit côté rockabilly, ce que j'arrive à comprendre des paroles. Et puis c'est le meilleurs nom de groupe imaginable quand même. X.
    Tu vois, pas le temps pour tout écouter, encore un groupe que je voudrais creuser. Adult Books, la démo était en bonus avec le premier album. Cette version est encore meilleure.
    J'aime X. (alors que Red, il aime le X, nuance.;))

    RépondreSupprimer
  2. Je l'ai aussi Los Angeles, pas écouté depuis longtemps, mais dans mes souvenirs, il vaut celui-ci ... C'est sympa, X, assez original ... un peu dans le même genre, mais plus roots, y'avait les Blasters à la même époque ...

    Red, il a du être déçu, il ne pipe (!) mot ... X, il s'attendait à autre chose ...

    RépondreSupprimer
  3. C'est sûr là je suis largué... C'est une affaire... classée ! :)

    RépondreSupprimer
  4. Blaster ? Connait pas. Vais voir.
    Je manque à tous mes devoirs en omettant de mentionner la reprise de l'emblématique "Wild Things" des Troggs. X, c'est bon.

    RépondreSupprimer